Entreprises publiques et investissement : les réformes attendues
Gouvernance des entreprises publiques, Code des investissements, PPP, foncier et financement des PME figurent parmi les réformes annoncées.

Le programme économique annoncé ne se limite pas à la dette et au déficit. Il prévoit aussi une gouvernance plus rigoureuse des entreprises publiques et une série de mesures destinées à améliorer l’environnement des affaires. Le gouvernement veut attirer l’investissement privé, faciliter l’accès au foncier et au financement et renforcer la compétitivité des filières à forte valeur ajoutée.
Des objectifs de performance pour les entreprises publiques
Cheikh Diba affirme que l’État continuera d’assumer ses missions souveraines et de soutenir les activités stratégiques ou non marchandes indispensables. Mais les entreprises opérant dans des secteurs marchands devront disposer d’un modèle économique viable, d’une gouvernance rigoureuse et d’objectifs de performance clairement définis.
Le FMI demande également une supervision renforcée des entreprises publiques. L’enjeu est de mieux identifier les risques budgétaires, de contrôler les garanties et transferts de l’État et de prévenir l’accumulation de dettes cachées ou d’arriérés.
Code des investissements et partenariats public-privé
Le gouvernement annonce la poursuite de la mise en œuvre du Code des investissements entré en vigueur en février 2026. Il prévoit aussi de réviser la loi sur les partenariats public-privé afin de lever certains obstacles et d’améliorer la prévisibilité pour les investisseurs.
Ces réformes devront clarifier les procédures, les délais, les responsabilités et le partage des risques. Un cadre plus lisible peut accélérer les projets, mais les PPP doivent rester transparents afin d’éviter que des engagements de long terme ne créent de nouvelles charges budgétaires mal évaluées.
Foncier, financement et microfinance
Les autorités veulent améliorer l’accès au foncier et au financement, notamment pour les petites et moyennes entreprises. Le refinancement de la microfinance doit être renforcé, tandis que la transformation numérique de l’économie doit accélérer les démarches et élargir l’accès aux services financiers.
Pour les entreprises, la mise en œuvre sera déterminante : disponibilité réelle des terrains, coût du crédit, garanties exigées, délais administratifs et stabilité réglementaire. Les réformes devront être mesurées à partir de résultats concrets, pas seulement de nouveaux textes.
Faire du secteur privé un moteur de croissance
Le programme négocié avec le FMI mise sur une croissance davantage tirée par le secteur privé. Cette orientation intervient alors que la croissance hors hydrocarbures avait ralenti à 2,2 % en 2025, avant de rebondir à 4,7 % au premier trimestre 2026 selon le FMI.
La relance dépendra donc de la capacité à rétablir la confiance, régler les créances de l’État, améliorer la fourniture d’énergie et offrir aux investisseurs un environnement plus prévisible. La cohérence entre ces différents chantiers sera aussi importante que chaque réforme prise isolément.
Sources : point de presse du ministre ; communiqué n° 26/282 du FMI.
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L’accord annoncé entre le Sénégal et les services du FMI ouvre la perspective d’un programme économique de trois ans. Pour les ménages, ses effets ne seront ni immédiats ni identiques. Ils dépendront des décisions sur les prix de l’énergie, les impôts, les dépenses publiques, les transferts sociaux et l’emploi. Voici les principaux changements possibles et les points qui restent encore à préciser.

Créances de l’État : 300 milliards de FCFA annoncés aux entreprises
Le gouvernement a annoncé une enveloppe de 300 milliards de francs CFA pour régler, sur le reste de l’année 2026, une partie des créances dues aux entreprises. L’objectif est de restaurer leur trésorerie, d’apurer des engagements en souffrance auprès des banques et de soutenir l’investissement et l’emploi. L’impact réel dépendra cependant de la rapidité et de la transparence des paiements.

Fiscalité : élargir l’assiette sans hausse uniforme des impôts
Pour réduire le déficit sans faire reposer tout l’effort sur les dépenses, le gouvernement veut augmenter les ressources internes. Cheikh Diba assure qu’il ne s’agit pas d’imposer une charge supplémentaire et indifférenciée aux citoyens et entreprises déjà en règle, mais d’élargir l’assiette, de lutter contre les pertes de recettes et de réexaminer les exonérations jugées peu efficaces.

Énergie : vers un ciblage des subventions et une baisse des coûts
Le secteur de l’énergie sera l’un des principaux chantiers du programme économique présenté par le gouvernement. L’exécutif veut réduire progressivement les subventions généralisées, jugées coûteuses et inégalitaires, tout en protégeant les ménages vulnérables et en accélérant la stratégie Gas-to-Power. L’objectif annoncé est une baisse du coût de l’énergie pouvant atteindre près de 30 % à terme.
