Fiscalité : élargir l’assiette sans hausse uniforme des impôts
Le gouvernement veut mobiliser davantage de recettes en élargissant l’assiette fiscale, en réduisant les pertes et en réexaminant certaines exonérations.

Pour réduire le déficit sans faire reposer tout l’effort sur les dépenses, le gouvernement veut augmenter les ressources internes. Cheikh Diba assure qu’il ne s’agit pas d’imposer une charge supplémentaire et indifférenciée aux citoyens et entreprises déjà en règle, mais d’élargir l’assiette, de lutter contre les pertes de recettes et de réexaminer les exonérations jugées peu efficaces.
Mobiliser davantage de recettes nationales
Le nouveau programme économique reposera en partie sur une mobilisation accrue des recettes intérieures. Cette orientation doit réduire la dépendance au financement extérieur et aider l’État à couvrir ses priorités malgré le poids de la dette.
Le FMI indique qu’une stratégie de recettes à moyen terme doit être adoptée en 2027. Elle devra améliorer le rendement du système fiscal tout en dégageant des marges pour les dépenses sociales et les investissements prioritaires.
Les exonérations fiscales dans le viseur
Le gouvernement annonce un réexamen des avantages fiscaux dont l’efficacité économique ou sociale n’est plus démontrée. Chaque exonération devrait être évaluée selon sa contribution à l’investissement, à la création d’emplois, à la compétitivité ou à la protection des populations.
Cette revue peut permettre de récupérer des recettes sans relever automatiquement les taux. Elle devra néanmoins être transparente, car certaines exonérations soutiennent des secteurs fragiles, des projets structurants ou des produits essentiels.
Élargir l’assiette plutôt que taxer toujours les mêmes
L’un des principaux enjeux sera d’intégrer davantage d’activités dans le système fiscal, de réduire la fraude et d’améliorer le recouvrement. Les acteurs disposant des capacités contributives les plus importantes sont appelés à assumer une plus grande part de l’effort.
Pour que la réforme soit acceptée, elle devra éviter de concentrer la pression sur les salariés déclarés, les PME formelles et les entreprises qui paient déjà régulièrement leurs obligations. La simplification des procédures et la prévisibilité des règles seront aussi importantes que les contrôles.
Un équilibre délicat pour l’activité économique
Une mobilisation rapide des recettes peut soutenir le redressement budgétaire, mais une fiscalité mal calibrée peut freiner l’investissement et pousser des acteurs vers l’informel. Le gouvernement devra donc arbitrer entre rendement immédiat, équité et compétitivité.
Les réformes annoncées du Code général des impôts et du Code des douanes devront préciser cet équilibre. Les contribuables attendront surtout des règles stables, des procédures numériques fiables et une utilisation visible des ressources mobilisées.
Sources : point de presse du ministre ; communiqué du FMI sur la stratégie de recettes à moyen terme.
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