Intelligence artificielle : l'ONU réclame des règles contraignantes pour éviter une perte de contrôle des États
Rédaction Touba Infos 21 septembre 2026 3 min de lectureMis à jour le 21 septembre 2026 à 02:39
Le Haut-commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Volker Türk, a lancé un avertissement sévère sur les dangers que représente l’intelligence artificielle (IA) pour l’humanité. Selon lui, cette technologie pourrait constituer une « menace existentielle » si elle venait à échapper au contrôle des États. Il préconise donc la mise en place de « mesures contraignantes » et de garde-fous clairs pour encadrer son développement et son utilisation.
Dans une déclaration rapportée par l’Agence de presse sénégalaise (APS), Volker Türk a insisté sur la nécessité d’une gouvernance mondiale de l’IA. Il estime que les États doivent reprendre la main face à des acteurs privés de plus en plus puissants et à des avancées technologiques rapides qui dépassent les cadres juridiques actuels. Pour lui, l’absence de règles contraignantes risque de conduire à des dérives incontrôlées, notamment en matière de surveillance de masse, de désinformation ou de discrimination algorithmique.
Le Haut-commissaire a souligné que les droits humains doivent être au cœur de toute régulation de l’IA. Il a appelé à des garde-fous clairs pour prévenir les usages abusifs, que ce soit par des gouvernements ou des entreprises. Selon lui, il est essentiel que les populations puissent avoir confiance dans ces technologies, ce qui passe par la transparence, la responsabilité et la possibilité de recours en cas de préjudice.
Cette prise de position intervient alors que de nombreux pays, dont le Sénégal, commencent à réfléchir à des stratégies nationales sur l’IA. À Dakar, des experts et des décideurs ont récemment évoqué la nécessité d’un cadre éthique et juridique adapté aux réalités africaines. L’appel de l’ONU pourrait accélérer ces réflexions, notamment dans un contexte où l’IA est de plus en plus utilisée dans des secteurs comme la santé, l’éducation ou l’agriculture.
Volker Türk a également mis en garde contre les risques de fracture numérique entre les pays développés et les pays en développement. Il a plaidé pour une coopération internationale renforcée afin que les pays du Sud ne soient pas de simples consommateurs de technologies conçues ailleurs, mais qu’ils puissent participer à leur régulation et à leur développement. Selon lui, l’IA ne doit pas devenir un outil de domination ou d’exclusion.
Les appels à une régulation contraignante de l’IA se multiplient à travers le monde. L’Union européenne a déjà adopté une législation ambitieuse, tandis que les États-Unis et la Chine avancent sur leurs propres cadres. Mais pour l’ONU, il manque encore une instance internationale capable d’imposer des normes communes. Volker Türk a suggéré que les Nations unies jouent un rôle central dans cette gouvernance, en s’appuyant sur les instruments existants des droits de l’homme.
Reste à savoir comment ces « mesures contraignantes » pourraient être mises en œuvre. Les États sont souvent réticents à céder une part de souveraineté, et les grandes entreprises technologiques exercent un lobbying intense pour éviter des contraintes trop fortes. Pourtant, face à la vitesse des progrès de l’IA, beaucoup estiment qu’il n’est plus possible d’attendre. La déclaration de Volker Türk s’inscrit dans cette urgence.
En Afrique, où l’IA suscite à la fois espoir et inquiétude, la question de la régulation est particulièrement sensible. Des voix s’élèvent pour demander que les pays du continent ne soient pas de simples suiveurs, mais qu’ils définissent leurs propres règles en fonction de leurs besoins et de leurs valeurs. L’appel de l’ONU pourrait servir de point de départ à un débat plus large sur la place de l’Afrique dans la révolution numérique.
Pour l’heure, le Haut-commissaire aux droits de l’homme appelle à une mobilisation rapide. Il estime que sans garde-fous contraignants, l’humanité risque de perdre le contrôle sur une technologie qui pourrait, à terme, menacer ses fondements mêmes. Un avertissement qui devrait résonner bien au-delà des cercles diplomatiques.
Source : APS (Agence de presse sénégalaise), 14 septembre 2025.
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