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Gabon : Ali Bongo sort du silence et se défend dans l'affaire des biens mal acquis

Rédaction Touba Infos 21 septembre 2026 3 min de lectureMis à jour le 21 septembre 2026 à 21:48
Gabon : Ali Bongo sort du silence et se défend dans l'affaire des biens mal acquis
L'ancien président gabonais Ali Bongo a pris la parole publiquement, samedi 19 septembre, pour la première fois depuis le déclenchement de l'affaire des biens mal acquis, selon des informations rapportées par RFI. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il a rejeté les accusations portées contre lui et certains de ses proches, dénonçant une campagne de déstabilisation. Cette prise de parole intervient alors que plusieurs membres de son entourage ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris dans le cadre de l'enquête sur le patrimoine immobilier et mobilier détenu en France. Ali Bongo, qui n'a pas été personnellement renvoyé devant la juridiction à ce stade, a souhaité s'exprimer pour défendre sa position et celle de sa famille. Selon des sources judiciaires citées par RFI, l'affaire porte sur un vaste ensemble de biens acquis en France, comprenant des appartements de luxe, des véhicules et des comptes bancaires. Les enquêteurs cherchent à déterminer si ces actifs ont été financés par des fonds publics détournés. Ali Bongo aurait affirmé que ces biens ont été acquis de manière légale, grâce à des revenus personnels et familiaux. La réaction de l'opposition et de la société civile gabonaise ne s'est pas fait attendre. Marc Ona, cinquième vice-président du Sénat et figure de la lutte contre la corruption au Gabon, estime que cette sortie médiatique vise à manipuler l'opinion publique. « Il cherche à se victimiser alors que la justice doit faire son travail », aurait-il déclaré, selon RFI. Pour lui, la vidéo d'Ali Bongo ne change rien aux faits reprochés et ne saurait entraver la procédure judiciaire en cours. Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de lutte contre la corruption et de transparence dans la gestion des biens publics en Afrique. Plusieurs organisations non gouvernementales suivent de près ce dossier, qui pourrait avoir des répercussions sur la scène politique gabonaise et sur les relations entre le Gabon et la France. Ali Bongo, qui a dirigé le Gabon de 2009 à 2023, a été renversé par un coup d'État militaire en août 2023. Depuis, il vit principalement à l'étranger et fait l'objet de plusieurs enquêtes, notamment en France. La justice française a ouvert une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale et détournement de fonds publics. Les proches renvoyés devant le tribunal correctionnel devraient être jugés dans les mois à venir. Pour l'heure, aucun commentaire officiel n'a été obtenu de la part des autorités gabonaises actuelles. Le gouvernement de transition, dirigé par le général Brice Oligui Nguema, n'a pas réagi publiquement à la vidéo d'Ali Bongo. Certains observateurs estiment que cette affaire pourrait compliquer les efforts de réconciliation nationale entrepris par les nouvelles autorités. La défense d'Ali Bongo, quant à elle, continue de plaider l'innocence et dénonce une instrumentalisation de la justice. Ses avocats auraient annoncé leur intention de contester les accusations et de fournir des preuves de la légalité des biens en question. Ils soulignent que l'ancien président n'a jamais été condamné et bénéficie de la présomption d'innocence. L'affaire des biens mal acquis, qui a déjà touché plusieurs chefs d'État africains et leurs familles, reste un dossier sensible. Elle met en lumière les défis de la coopération judiciaire internationale et la question de l'impunité des dirigeants. Au Gabon, l'opinion publique reste divisée entre ceux qui réclament justice et ceux qui y voient une ingérence étrangère. Source : RFI
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