L'info au cœur de Touba
International

Fin de mandat d'Antonio Guterres à l'ONU : un bilan contrasté pour l'Afrique

Rédaction Touba Infos 23 septembre 2026 3 min de lectureMis à jour le 23 septembre 2026 à 14:04
Fin de mandat d'Antonio Guterres à l'ONU : un bilan contrasté pour l'Afrique
Antonio Guterres a livré, mardi 22 septembre à New York, son ultime discours devant l'Assemblée générale des Nations unies. Un exercice d'adieu teinté d'inquiétude, où le secrétaire général a alerté sur la pollution atmosphérique et les risques liés à l'intelligence artificielle. Mais au-delà de ces mises en garde planétaires, c'est le bilan africain de ses dix années à la tête de l'ONU qui retient l'attention, notamment après les propos de Mahamat Saleh Annadif, ancien ministre tchadien des Affaires étrangères et ex-représentant spécial de l'ONU au Mali, qui a estimé que Guterres « a toujours été du côté des Africains et des femmes ». Une appréciation qui invite à examiner de plus près l'héritage du Portugais sur le continent. Dès son arrivée à la tête de l'ONU en 2017, Antonio Guterres a placé l'Afrique au cœur de ses priorités. Il a notamment plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité, afin d'y accorder une place permanente à l'Afrique, une revendication portée de longue date par les États du continent. Sur le terrain, il a multiplié les visites dans les zones de conflit, du Sahel à la Corne de l'Afrique, et a défendu un rôle accru des femmes dans les processus de paix, conformément à l'agenda « femmes, paix et sécurité ». Son action a été saluée par plusieurs dirigeants africains, qui y ont vu une reconnaissance de l'importance du continent dans les équilibres mondiaux. Cependant, le bilan est loin d'être unanimement positif. La persistance des crises au Sahel, en République démocratique du Congo ou au Soudan a suscité des critiques quant à l'efficacité des missions onusiennes. Le retrait précipité de la MINUSMA du Mali en 2023, sur demande de la junte au pouvoir, a été perçu comme un échec pour l'ONU, même si Antonio Guterres a tenté d'en limiter les conséquences humanitaires. Par ailleurs, la lutte contre le terrorisme et les trafics transfrontaliers demeure un défi majeur, que les moyens limités des Casques bleus n'ont pas permis de relever pleinement. Sur le plan économique, le secrétaire général a régulièrement alerté sur la dette des pays africains et sur les conséquences du changement climatique, appelant à une solidarité internationale accrue. Il a soutenu les initiatives africaines en faveur de la transition énergétique, tout en reconnaissant que les promesses de financement des pays riches restent insuffisamment tenues. Ces positions ont valu à Guterres une certaine popularité dans les capitales africaines, mais elles n'ont pas toujours été suivies d'effets concrets. La question de la représentativité africaine au sein des instances onusiennes reste également en suspens. Malgré les discours, le continent demeure sous-représenté au Conseil de sécurité et dans les hautes sphères de l'organisation. Les appels de Guterres à une plus grande équité n'ont pas abouti à des réformes structurelles, faute de consensus entre les grandes puissances. Au moment de quitter ses fonctions, Antonio Guterres laisse donc une image ambivalente. Ses partisans mettent en avant son engagement personnel et sa capacité à porter la voix des plus vulnérables. Ses détracteurs soulignent les limites d'une organisation souvent paralysée par les rivalités entre États membres. Pour l'Afrique, l'héritage du secrétaire général restera celui d'un homme qui a tenté de placer le continent au centre des débats, sans toujours pouvoir transformer les intentions en résultats tangibles. La succession de Guterres s'annonce délicate. Les États africains, qui réclament depuis des années un poste de secrétaire général, pourraient voir dans ce changement une nouvelle opportunité de peser sur la scène internationale. Mais l'élection du prochain chef de l'ONU dépendra avant tout des rapports de force entre les grandes puissances, au sein d'un Conseil de sécurité où l'Afrique ne dispose toujours pas de droit de veto. Source : RFI, Le Grand Invité Afrique, propos recueillis par Christophe Boisbouvier.
#Antonio Guterres#ONU#Afrique#Sahel#MINUSMA#Mahamat Saleh Annadif#International
Signaler une erreur
TI

Rédaction Touba Infos

Rédaction

Articles préparés par la rédaction de Touba Infos à partir d'informations vérifiées provenant de plusieurs sources publiques, avec une relecture humaine.

À lire aussi