Bukavu : une nouvelle vague d'incendies meurtriers ravive la colère des habitants
Rédaction Touba Infos 22 septembre 2026 3 min de lectureMis à jour le 22 septembre 2026 à 01:06
La ville de Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a de nouveau été le théâtre de plusieurs incendies lundi 21 septembre. Selon des sources concordantes, au moins quatre brasiers ont été répertoriés, notamment dans le quartier de Nyalukemba, situé dans la commune d'Ibanda. Ces sinistres ont causé la mort de plusieurs personnes, dont le nombre exact n'a pas encore été confirmé par les autorités.
Cette nouvelle série de drames intervient dans un contexte de multiplication des incendies dans la ville. Ces dernières semaines, plusieurs quartiers ont été touchés par des flammes qui ont détruit des habitations et des commerces, plongeant des familles dans la détresse. La répétition de ces événements suscite une vive inquiétude au sein de la population, qui se demande si des mesures efficaces sont prises pour prévenir de tels drames.
Lundi, les flammes ont ravagé plusieurs maisons et infrastructures dans le quartier de Nyalukemba. Selon des témoignages recueillis sur place, l'incendie se serait déclaré en fin de matinée avant de se propager rapidement, attisé par des conditions difficiles à maîtriser. Les services de secours, confrontés à un manque de moyens, auraient eu du mal à circonscrire le feu. Des habitants, pris de panique, ont tenté d'évacuer leurs biens et de venir en aide aux victimes.
Le bilan humain reste provisoire. Plusieurs corps sans vie auraient été retrouvés dans les décombres, tandis que des blessés ont été transportés vers des structures sanitaires locales. Les autorités provinciales n'ont pas encore publié de bilan officiel, mais des sources locales évoquent au moins quatre décès. Des dégâts matériels considérables sont également signalés, avec des dizaines de familles sinistrées.
Au-delà du drame humain, ces incendies à répétition alimentent un sentiment de colère et d'abandon. Des habitants interrogés par des médias locaux dénoncent l'absence de dispositifs de prévention et de lutte contre les incendies. Ils pointent du doigt le manque d'équipements des pompiers, l'insuffisance des points d'eau et la vétusté des installations électriques, souvent mises en cause dans ce type de sinistres. Certains évoquent également des actes criminels, sans toutefois apporter de preuves.
La société civile locale appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour protéger les populations. Elle réclame notamment la mise en place d'un plan de prévention des incendies, la réhabilitation des services de secours et une enquête approfondie sur les causes de ces drames à répétition. « Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans la peur de voir nos maisons brûler à tout moment », confie un habitant de Nyalukemba, sous couvert d'anonymat.
Les autorités provinciales, de leur côté, assurent qu'elles suivent la situation de près. Le gouverneur du Sud-Kivu aurait promis des mesures pour renforcer la sécurité des habitants et éviter de nouveaux drames. Cependant, les promesses peinent à se traduire dans les faits, et la population reste sceptique. Des enquêtes auraient été ouvertes pour déterminer les circonstances exactes de ces incendies, mais les résultats ne sont pas encore connus.
Cette situation intervient dans un contexte plus large de crise sécuritaire et humanitaire dans l'est de la RDC, où les populations sont déjà éprouvées par des décennies de conflits armés et de violences. Les incendies à répétition à Bukavu ajoutent une couche de difficultés à une région déjà fragilisée. Les habitants, qui espéraient une amélioration de leurs conditions de vie, se sentent de plus en plus abandonnés.
Au-delà de l'urgence humanitaire, ces événements posent la question de la gestion des risques urbains dans une ville en pleine expansion, où les normes de construction et de sécurité sont souvent ignorées. La multiplication des incendies pourrait être liée à des facteurs structurels : installation électrique anarchique, absence de plan d'urbanisme, utilisation de matériaux inflammables, etc. Les autorités sont appelées à agir sur le long terme pour prévenir de tels drames.
En attendant, les familles sinistrées tentent de se reconstruire. Des élans de solidarité s'organisent au sein de la communauté pour venir en aide aux victimes. Mais pour beaucoup, la colère reste vive. Ils demandent des comptes et réclament justice pour les victimes. La population de Bukavu attend des actes concrets, pas seulement des paroles.
Source : RFI
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