Budget rectificatif au Sénégal : Seydou Diouf plaide pour la préservation des capacités économiques
Rédaction Touba Infos 20 septembre 2026 3 min de lectureMis à jour le 20 septembre 2026 à 22:17
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Le projet de loi de finances rectificative (LFR) soumis à l'examen des parlementaires sénégalais traduit une nouvelle configuration des finances publiques. Le déficit budgétaire est désormais projeté à 7,6 % du Produit intérieur brut (PIB), contre 5,4 % initialement prévu dans la loi de finances initiale. Les recettes attendues s'élèvent à 5 848,7 milliards de francs CFA, tandis que les dépenses devraient atteindre 7 583,9 milliards de francs CFA. Cette révision intervient dans un contexte économique mondial incertain, marqué par la volatilité des prix des matières premières et les tensions géopolitiques.
Interrogé sur les implications de cette nouvelle trajectoire budgétaire, l'économiste Seydou Diouf a exprimé ses préoccupations. Selon lui, l'élargissement du déficit pourrait entraîner un effet d'éviction sur le secteur privé, limitant ainsi les capacités d'investissement des entreprises. « Il est essentiel de préserver les capacités de l'économie sénégalaise », a-t-il déclaré, appelant à une gestion rigoureuse des finances publiques.
Le déficit projeté à 7,6 % du PIB représente une augmentation significative par rapport aux prévisions initiales. Cette situation résulte en partie de la révision à la hausse des dépenses, notamment celles liées aux subventions énergétiques et aux transferts sociaux. Les recettes, bien qu'en progression, ne suffisent pas à couvrir l'ensemble des charges. Le recours à l'endettement pourrait s'intensifier, ce qui pose la question de la soutenabilité de la dette à moyen terme.
Seydou Diouf souligne que la préservation des capacités économiques passe par une meilleure allocation des ressources. Il recommande de prioriser les investissements dans les secteurs porteurs de croissance, tels que l'agriculture, l'énergie et les infrastructures. « Il ne s'agit pas de réduire les dépenses de manière aveugle, mais de les orienter vers des projets qui génèrent de la valeur ajoutée et des emplois », explique-t-il.
L'économiste met également en garde contre les conséquences d'un déficit excessif sur la confiance des investisseurs. Une dégradation de la notation souveraine pourrait renchérir le coût du crédit et réduire les marges de manœuvre budgétaires. Il appelle donc à une consolidation budgétaire progressive, accompagnée de réformes structurelles pour améliorer la mobilisation des recettes fiscales.
Le gouvernement, de son côté, justifie cette révision par la nécessité de faire face à des dépenses imprévues et de soutenir l'activité économique. Les autorités affirment que le déficit reste maîtrisé et conforme aux critères de convergence de l'UEMOA, qui fixent un plafond de 3 % du PIB. Cependant, le seuil de 7,6 % dépasse largement cette norme, ce qui pourrait susciter des tensions avec les institutions régionales.
Dans ce contexte, Seydou Diouf appelle à un dialogue inclusif entre le gouvernement, le secteur privé et la société civile. Il estime que la transparence dans la gestion des finances publiques est cruciale pour maintenir la confiance des partenaires techniques et financiers. « La crédibilité de notre politique économique dépend de notre capacité à expliquer et à justifier nos choix », ajoute-t-il.
Le débat sur le budget rectificatif intervient à un moment où le Sénégal cherche à diversifier son économie et à attirer davantage d'investissements directs étrangers. Les récentes découvertes de gaz et de pétrole offrent des perspectives prometteuses, mais elles nécessitent des investissements massifs dans les infrastructures et la formation. Selon l'économiste, ces ressources devraient être gérées avec prudence pour éviter le syndrome hollandais et garantir une croissance inclusive.
En définitive, la position de Seydou Diouf met en lumière les défis auxquels fait face l'économie sénégalaise. Entre la nécessité de financer les dépenses publiques et la préservation des équilibres macroéconomiques, le gouvernement doit trouver un juste milieu. Les prochaines étapes de l'examen du budget rectificatif seront déterminantes pour l'avenir économique du pays.
Source : Le Soleil
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