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DPG : Ousmane Sonko défend une Assemblée « debout » et un contrôle parlementaire exigeant

Dans son discours de clôture de la déclaration de politique générale, Ousmane Sonko a défendu l’autonomie de l’Assemblée nationale et rappelé que l’action publique doit être évaluée à travers ses effets concrets sur la vie des Sénégalais.

Rédaction Touba Infos 9 septembre 2026 5 min de lectureMis à jour le 9 septembre 2026 à 01:02
DPG : Ousmane Sonko défend une Assemblée « debout » et un contrôle parlementaire exigeant
Ousmane Sonko lors du discours de clôture de la déclaration de politique générale.Capture RTS

Dans son discours de clôture de la déclaration de politique générale, Ousmane Sonko a défendu l’autonomie de l’Assemblée nationale et rappelé que l’action publique doit être évaluée à travers ses effets concrets sur la vie des Sénégalais.

Remerciant les députés, les services de l’Assemblée nationale, les forces de sécurité, les médias et le public, Ousmane Sonko a présenté la déclaration de politique générale comme un exercice démocratique majeur.

Selon lui, ce rendez-vous ne constitue ni une simple formalité ni une cérémonie destinée à consacrer un pouvoir déjà établi. Il permet au Gouvernement d’exposer ses choix et à la représentation nationale de les soumettre au débat public.

Une politique publique, a-t-il soutenu, ne doit pas être jugée uniquement sur la qualité de sa formulation ou sur l’importance des financements annoncés. Son efficacité doit surtout se mesurer aux changements qu’elle produit dans la vie quotidienne : une école qui instruit, un poste de santé qui soigne, un emploi qui redonne sa dignité aux jeunes, l’arrivée de l’eau dans les villages ou une justice protégeant aussi bien les faibles que les puissants.

« Le pouvoir doit arrêter le pouvoir »

Ousmane Sonko a insisté sur la place du Parlement dans l’équilibre institutionnel. Il a rappelé que l’Assemblée nationale dispose du pouvoir législatif, contrôle l’action gouvernementale et évalue les politiques publiques.

« L’Assemblée n’est ni un service de la Présidence ni un département du Gouvernement », a-t-il déclaré, en défendant une institution capable d’examiner, d’amender, de questionner, d’approuver ou de refuser les textes qui lui sont soumis.

Reprenant le principe formulé par Montesquieu selon lequel le pouvoir doit pouvoir arrêter le pouvoir, il a précisé que cette séparation ne devait pas conduire à une hostilité permanente, mais à un équilibre fondé sur le dialogue, la coopération et le respect des compétences de chacune des institutions.

Le désaccord n’est pas nécessairement une crise

Répondant aux inquiétudes suscitées par l’absence d’alignement politique entre les institutions, Ousmane Sonko a estimé qu’une divergence, même profonde, ne constituait pas automatiquement une crise institutionnelle.

Une véritable crise apparaîtrait, selon lui, si les pouvoirs ne pouvaient plus exercer leurs missions, si la Constitution était violée, si la justice n’était plus respectée ou si le dialogue devenait impossible.

Il a rappelé que la Constitution prévoit les mécanismes permettant d’organiser les désaccords : droit d’amendement, questions au Gouvernement, commissions d’enquête, saisine du Conseil constitutionnel, motion de censure ou dissolution.

« L’État n’a pas besoin d’institutions en ligne, mais d’institutions debout », a-t-il affirmé. Pour Ousmane Sonko, l’autonomie ne signifie pas l’hostilité, le contrôle ne traduit pas la défiance et le désaccord ne doit pas être assimilé au désordre.

Une démocratie qui dépasse les élections

Le discours a également porté sur la participation citoyenne entre deux élections. Ousmane Sonko a rappelé que le vote fonde la légitimité démocratique, mais ne résume pas toute la démocratie.

Les citoyens doivent continuer à participer au débat public à travers leurs représentants, les organisations de la société civile, les médias, les universités, les syndicats, les collectivités, les associations, la jeunesse et la diaspora. Le Parlement doit ainsi devenir « la maison où la nation se parle à elle-même », et non la scène réservée à une élite.

Dette et accords internationaux : le Parlement revendique son rôle

Sur la situation économique et la gestion de la dette, Ousmane Sonko a affirmé avoir pris connaissance du mémorandum évoqué dans les discussions en cours.

Il a annoncé que l’Assemblée nationale exercerait son contrôle sur les engagements internationaux susceptibles d’affecter les finances publiques, les ressources nationales et l’avenir des générations futures.

Ce contrôle ne viserait pas à empêcher l’action extérieure du Sénégal, mais à vérifier que chaque accord sert effectivement l’intérêt national. La future loi de finances rectificative devrait notamment traduire certains engagements pris par le Gouvernement.

Placer le peuple au cœur de l’État

Pour Ousmane Sonko, l’intérêt national ne se confond avec celui d’aucun homme, parti ou pouvoir. Le président de la République, le Gouvernement, la justice et l’Assemblée nationale doivent tous servir le peuple dans le respect de leurs responsabilités respectives.

Cette fidélité doit se mesurer à la réduction des inégalités, à l’accès aux soins et à l’éducation, à la création d’emplois dignes, au soutien des travailleurs et au renforcement des souverainetés nationales.

En conclusion, il a appelé les différentes institutions à maintenir un dialogue loyal, à respecter la Constitution et à placer les conditions de vie des populations au-dessus des intérêts politiques : « Notre devoir n’est pas d’aligner les institutions, mais de les rassembler autour du peuple. »

Rédaction Touba Infos

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