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Casamance : après l'exil, des propriétaires terriens privés de leurs terres

Rédaction Touba Infos 23 septembre 2026 3 min de lectureMis à jour le 23 septembre 2026 à 00:07
Casamance : après l'exil, des propriétaires terriens privés de leurs terres
L'Université Alassane Seck de Ziguinchor et la Fondation Konrad Adenauer ont organisé, cette semaine, un forum consacré à la question foncière en Casamance. La rencontre a réuni des universitaires, des représentants de la société civile et des personnes déplacées de retour dans la région. Au cœur des discussions : la situation des propriétaires terriens qui, après des années d'exil, retrouvent leurs terres occupées ou revendues. Selon plusieurs participants, ces déplacés font face à des difficultés pour faire valoir leurs droits de propriété. La crise en Casamance, qui a duré plus de trois décennies, a poussé des milliers de familles à quitter leurs villages. Beaucoup se sont installées à Ziguinchor ou dans d'autres régions du Sénégal, voire en Gambie et en Guinée-Bissau. Avec le retour progressif de la paix, certains tentent de récupérer leurs biens fonciers, mais se heurtent à des obstacles. « Des terres ont été occupées par d'autres personnes pendant l'absence des propriétaires. Des ventes informelles ont eu lieu, sans que les ayants droit soient consultés », a expliqué un intervenant lors du forum. Ces situations créent des tensions dans les villages et alimentent des conflits entre communautés. Les participants ont souligné la nécessité d'une réforme du régime foncier en Casamance. Ils ont plaidé pour la mise en place de commissions locales de médiation, chargées d'examiner les litiges au cas par cas. L'objectif serait de concilier les droits des propriétaires légitimes et la sécurité des occupants de bonne foi. La Fondation Konrad Adenauer, partenaire de l'événement, a réaffirmé son engagement à soutenir la gouvernance foncière dans les zones post-conflit. Ses représentants ont insisté sur l'importance du dialogue entre toutes les parties prenantes. L'Université Alassane Seck, à travers son laboratoire de recherche sur les dynamiques sociales, entend poursuivre les travaux sur cette question. Des étudiants et chercheurs ont présenté des études de cas dans plusieurs localités de la région. Pour les propriétaires terriens concernés, l'urgence est de retrouver un cadre juridique clair. « Nous ne demandons pas l'impossible. Nous voulons simplement que nos droits soient reconnus et que nous puissions vivre en paix sur nos terres », a témoigné l'un d'eux. Le forum a permis de formuler des recommandations qui seront transmises aux autorités compétentes. Elles portent notamment sur la sécurisation des transactions foncières, la formation des agents des domaines et la sensibilisation des populations. Si la paix est revenue dans une grande partie de la Casamance, la question foncière reste un défi majeur pour la reconstruction et la réconciliation. Les participants ont appelé à une action concertée de l'État, des collectivités locales et des organisations de la société civile. Source : Seneweb, citant l'Université Alassane Seck de Ziguinchor et la Fondation Konrad Adenauer.
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