Arabie saoudite : tout ce qu’il faut savoir sur le Hajj 2017

Posted on by galass

Encore un pèlerinage sous haute tension. Cette fois-ci, c’est la crise du Golfe qui s’invite dans la plus importante célébration musulmane. Mais pas seulement…

C’est parti pour une nouvelle saison du Hajj. Depuis début août, les pélerins ont commencé à affluer sur les lieux saints de l’islam pour accomplir ce rite annuel que tout musulman doit effectuer au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens. Celui-ci ne s’ouvrira qu’à la fin du mois et se prolongera une dizaine de jours. Tour d’horizon des nouveautés de cette année.

Restrictions imposées aux qataris

L’histoire du Hajj a toujours été émaillée par les restrictions imposées par l’Arabie saoudite aux pèlerins iraniens, conséquence de la guerre d’influence qui oppose les deux grandes puissances du Moyen-Orient. Cette année, ce sont les Qataris qui sont dans la ligne de mire des Saoudiens. La crise du Golfe opposant Riyad et ses alliés au petit émirat du Golfe a jeté une ombre sur les préparatifs du Hajj 2007. Le 20 juillet, le royaume des Saoud avait annoncé que les pèlerins qataris étaient les bienvenus, mais uniquement par voie aérienne et sans passer par leur compagnie nationale, Qatar Airways.

Dix jours après, Doha déplorait via son ministère des Affaires islamiques les obstacles posés par les Saoudiens au pèlerinage des Qataris : « Riyad a refusé de communiquer au sujet des garanties de sécurité des pèlerins (qataris) et de l’assistance pour leur hajj ». Depuis, c’est la guerre verbale entre les deux capitales. Riyad accuse Doha de manœuvrer pour la déposséder de la gestion des lieux saints et pousser vers leurs internationalisation. Pour sa part, le Qatar accuse les médias saoudiens d’avoir « fabriqué » et « inventé » cet appel. Bref, entre les ennemis du Golfe, c’est toujours aussi tendu.

Vigilance maximale à cause de l’épidémie de choléra

Le choléra qui sévit en ce moment au Yémen, pays voisin de l’Arabie Saoudite qui y mène une guerre sans merci aux rebelles houthis, pourrait se propager durant le hajj, prévient l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette épidémie qui s’est déclenchée en avril 2015 dans un pays en proie à une crise humanitaire sans précédent à cause du conflit qui le déchire, a infecté près de 425 000 yéménites et en a déjà tué 1 900.

En raison du nombre important de pèlerins – entre 2 et 4 millions – chaque saison du hajj présente son lot de risques sanitaires. Fin juillet, les autorités saoudiennes ont déclaré avoir relevé le niveau de vigilance à leurs postes frontières pour empêcher l’entrée de tout cas suspect. Chaque année, pour pouvoir obtenir leurs visas d’entrée en Arabie saoudite, les pèlerins sont obligés de se faire vacciner contre différentes maladies (coronavirus, fièvre jaune, grippe saisonnière, polio…) qui causent annuellement des morts.

Augmentation du nombre des pèlerins

Les autorités saoudiennes ont validé l’augmentation du quota des pèlerins cette année. Ce sont 800 000 personnes de plus que l’année dernière qui devraient être accueillies à partir de ce mois d’août, ce qui portera le total de pèlerins attendus à quelques 2,6 millions, contre 1,8 million en 2016, la plus basse fréquentation enregistrée ces dix dernières années pour le hajj.

En effet, en 2013, l’Arabie saoudite avait décidé de baisser ces quotas en raison de grands travaux de rénovation. La Grande mosquée de La Mecque peut désormais recevoir 2 millions de personnes et les risques de bousculade meurtrières sont diminués. Le 11 septembre 2015, l’effondrement d’une grue de chantier dans la Grande mosquée avait causé la mort de 109 personnes. Le 24 du même mois, ce sont 717 pèlerins selon les autorités saoudiennes – 2 300 selon les gouvernements étrangers – qui ont péri dans une bousculade à Mina. À la suite de ces incidents, Ryad avait décrété un plan d’urgence pour renforcer la sécurité des lieux saints.

Flou sur une taxe supplémentaire touchant les visas

En août 2016, confrontée à la chute des cours de pétrole, l’Arabie saoudite avait instauré une taxe supplémentaire de 2 000 rials saoudiens (451 euros) pour les pèlerins ayant déjà effectué le Hajj et la Omra (petit pèlerinage) durant les 5 dernières années. Ceux qui le faisaient pour la première fois en étaient donc exemptés. Quelques mois après, plusieurs médias arabes avaient rapporté que Riyad aurait décidé de geler cette mesure pour calmer les agences de voyage qui s’inquiétaient de la baisse de leurs revenus. Mais cette mesure n’a jamais été confirmée officiellement jusqu’ici. Cette année, les autorités algériennes ont donc appelé leurs pèlerins ayant déjà effectué le Hajj durant les cinq dernières années à s’acquitter de cette taxe auprès de la Banque d’Algérie. Bref, le flou demeure.

Les revenus du pèlerinage constituent la deuxième source de devises pour le royaume wahhabite après le pétrole. Ils rapportent annuellement près de 12 milliards de dollars. Cette année, le petit pèlerinage (El Omra) qui a eu lieu au mois de Ramadan a été un franc succès, selon un rapport des autorités saoudiennes. Plus de 6,7 millions de visas ont été délivrés cette saison contre 6,3 millions en 2016. Pour Riyad, l’augmentation des visas de la Omra est le résultat d’une vision de développement qui vise à professionnaliser les services du pèlerinage à l’horizon 2030.

Avec Jeune Afrique




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